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Portrait - Jiayi Li

par Fanny Dubray - publié le

Jiayi Li a soutenu sa thèse initiée en 2015 et intitulée "Développements méthodologiques en imagerie et nouvelle appréhension physico-chimique de textiles archéologiques en lin de l’Orient ancien (3ème et 2ème av. J.-C.)" le 7 juin 2019 dans l’amphithéâtre de SOLEIL.

Pourriez-vous décrire vos travaux ?

Je travaille sur les textiles archéologiques en contact direct ou à proximité de substrats métalliques corrodés – du cuivre, dans mon cas. Il s’agit, pour certains, d’objets vieux de cinq millénaires. Les textiles sont des matériaux organiques qui dans des conditions ordinaires, se dégradent très vite une fois enfouis. Leur proximité avec des matériaux cuivreux corrodés permet une préservation exceptionnelle, ce dont je veux comprendre les mécanismes.
Les objets sur lesquels je travaille proviennent de trois sites archéologiques de l’Orient ancien : Tello en Irak, Naushahro au Pakistan et Gonur-depe au Turkménistan.

Mes superviseurs sont Loïc Bertrand, le Directeur d’IPANEMA, et Ariane Thomas, Conservatrice du patrimoine et Responsable des collections mésopotamiennes au sein du département des Antiquités orientales du Musée du Louvre.

Comment s’organise votre travail ?

Je mène à IPANEMA la plus grande partie de mon travail, à savoir un développement méthodologique, qui est au cœur de mon étude sur les systèmes hydrogènes. Je me rends parfois au laboratoire GEMAC pour y faire certaines mesures. Et je vais aussi au Musée du Louvre et au Musée du Quai Branly – Jacques Chirac pour voir et photographier les objets que j’étudie, et recueillir des éléments de contexte archéologique et culturel à leur sujet.

Comment avez-vous connu IPANEMA ?

Après une licence en chimie fondamentale en Chine, j’ai rejoint la France pour un master en chimie analytique, physique et théorique. J’ai ensuite effectué un stage au C2RMF sur la chimie des adhésives dans les peintures de chevalet. J’ai toujours été intéressée par le patrimoine et l’archéologie : je viens d’une région en Chine où a régné une dynastie importante et où se trouve un grand nombre de monuments historiques. Pendant mon stage, j’ai fait savoir que je voulais travailler sur l’archéologie et mes collègues m’ont mise en contact avec IPANEMA.

Comment décririez-vous IPANEMA à un futur doctorant ou post-doctorant ?

C’est un bon laboratoire, bien organisé, malgré sa taille modeste. IPANEMA est situé sur le site du synchrotron SOLEIL et c’est un gros avantage d’avoir un accès aussi direct aux lignes de lumière. Les collègues, en plus d’être de bons scientifiques, possèdent une grande expérience en instrumentation et en méthodologie. C’est un laboratoire idéal pour accueillir des étudiants en sciences dures. J’ai appris à développer un regard sur mes recherches qui me soit propre, à creuser la littérature, à trouver un nouveau sujet, à mener une expérience, à développer une méthodologie… C’est à IPANEMA que je suis devenue une chercheuse ! Et j’ai aussi beaucoup apprécié de côtoyer mes collègues en dehors du laboratoire.

Avez-vous eu l’occasion de présenter vos travaux en conférence ?

J’ai notamment présenté mes travaux au colloque d’archéométrie organisé par le GMPCA en 2017 à Rennes et à la conférence TechnArt qui regroupe à Bruges tous les champs d’étude du patrimoine culturel : techniques analytiques, archéologie, histoire de l’art...
Ces conférences sont des occasions d’échanger avec des chercheurs qui travaillent sur des sujets plus ou moins proches. Certains étudient les mêmes objets que moi mais avec des méthodes différentes, d’autres appliquent les mêmes méthodes que nous sur d’autres objets.

Quels sont vos projets professionnels ?

Je rentre en Chine le 26 juin pour travailler dans l’archéométrie, soit pour une université, soit pour un institut gouvernemental dans ma région d’origine. Xi’an, ma ville de naissance, est la ville où la recherche en archéologie et en archéométrie est la plus développée en Chine.
Ma thèse est financée par la Fondation des sciences du patrimoine, qui m’a associée dès 2016 à la collaboration qu’elle mettait en place avec des instituts gouvernementaux de Xi’an. J’espère contribuer à maintenir ce pont entre la France et la Chine, et poursuivre ma collaboration avec Loïc Bertrand et IPANEMA. Certains de mes collègues chinois, spécialistes du verre, sont d’ailleurs intéressés par nos travaux et souhaiteraient appliquer nos méthodes.


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