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Séminaire recherche du 22 avril à 14h

Thématique : Biogéochimie en archéologie

par Laurent Tranchant - publié le

22 avril 2022 – 14h00-15h30

Pierre Adam – Directeur de recherche CNRS
Responsable de l’équipe biogéochimie moléculaire à l’institut de chimie de
Strasbourg
Institut Le Bel (ILB), Institut de Chimie de Strasbourg, 4 Rue Blaise Pascal,
67000 , Strasbourg

Titre : Substances organiques en contexte archéologique : analyses moléculaires,
isotopiques et datation au 14C

Pierre Adam, Philippe Schaeffer, Blandine Courel, Mathilde Sarret, Quentin Ebert, Julien Perthuison, Estelle Motsch.

Résumé : Des substances organiques sont fréquemment trouvées en contexte archéologique et sont susceptibles de recéler des informations sur les coutumes, les régimes alimentaires, les technologies, les échanges commerciaux et les pratiques religieuses du Passé. Elles comprennent, par exemple, des enduits, des adhésifs, des baumes, des cosmétiques, des résidus dans des céramiques, ou encore des restes alimentaires. Par ailleurs, les sols provenant de sites archéologiques peuvent également recéler des constituants organiques provenant de l’environnement immédiat du site lors de son occupation passée. Ils peuvent, de ce fait, servir d’indicateurs quant à la nature de l’ancienne couverture végétale, de son évolution dans le temps, ou encore sur l’usage de ces sols (pratiques agricoles, notamment).

Il est possible d’accéder à ces informations archéologiques par une approche moléculaire appelée « archéologie moléculaire ». Cette approche repose, notamment, sur l’identification de constituants moléculaires de ces substances dont la structure est suffisamment spécifique pour être reliée à des lipides précurseurs issus de sources biologiques précises (végétales ou animales) en dépit des transformations subies lors de leur préparation ou par vieillissement au cours du temps. L’identification de telles molécules peut ainsi permettre de reconnaître les produits naturels utilisés pour préparer ces substances, de reconstituer leur mode de préparation, leur usage et leur origine géographique, notamment. Plus récemment, l’archéologie moléculaire a bénéficié d’approches analytiques complémentaires, comme la détermination de la composition isotopique 13C/12C ou D/H au niveau moléculaire, qui permet par exemple d’affiner l’origine géographique ou l’origine biologique de ces substances. Elle bénéficie également de l’évolution très récente des techniques de datation au 14C par AMS permettant de telles mesures d’âge sur des quantités de l’ordre de la dizaine de µg de Corg, ouvrant ainsi la possibilité de dater des composés spécifiques préalablement isolés.

Des exemples d’études moléculaires, isotopiques et par datation au 14C seront présentés. Ils porteront sur des substances contenues dans des vases égyptiens du Musée du Louvre et découverts dans des tombes datant des deux premières dynasties égyptiennes ou encore sur l’étude de la matière organique de sols ayant comblé des structures de stockage de grains (silos) mises au jour à Obernai (Alsace) et datant de l’âge du Fer et de l’âge du Bronze.


Elise Dufour – Maître de conférence au MNHN, chercheuse au AASPE
Archéozoologie - Archéobotanique. Sociétés, Pratiques et Environnements, 8
rue Buffon, 75005, Paris
Titre : Bioarchéologie des interactions entre populations humaines et animales

Résumé : https://archeozoo-archeobota.mnhn.fr/fr/annuaire/elise-dufour-8813

DIVERSITÉ DES RELATIONS HOMME-CAMÉLIDÉS DANS LES ANDES

Les camélidés domestiques (lamas et alpacas) revêtaient une grande importance dans les Andes, à la fois fournisseurs de biens et de services et symboles de richesse et de statut social. Je mène des recherches sur la relation entre les populations préhispaniques de la côte nord du Pérou et les camélidés domestiques en collaboration avec Nicolas Goepfert (ARCHAM, UMR 896). Nous combinons les approches classiques de l’archéozoologie avec les analyses isotopiques pour restituer les pratiques d’élevage des troupeaux ainsi que les utilisations rituelles (contextes funéraires, sacrifices) des animaux. En documentant l’alimentation et la mobilité résidentielle des animaux, nous avons montré que le pastoralisme était pratiqué à grande échelle sur la côte alors qu’il s’agit d’un milieu très aride et qu’il en est absent aujourd’hui. Ainsi, les pratiques pastorales étaient beaucoup plus diversifiées que ce qui été admis jusqu’à présent. Une grande partie de ces recherches a été menée dans le cadre du Projet CAMELANDES dont j’ai coordonné la Tâche 3 : « Alimentation et mobilités par l’approche isotopique et archéobotanique ».

Nous poursuivons l’étude des relations Homme-camélidés (sauvages et/ou domestiques) au nord du Chili (pré-cordillière de la région d’Arica et la côte d’Antofagasta) par la combinaison des approches archéozoologique et biogéochimique dans le cadre du projet ECOS CAMHUDES co-dirigé par Marcela Sepúlveda (Pontificia Universidad Católica de Chile).

Dans les Andes, les processus ayant conduit de la chasse des camélidés sauvages à la production d’animaux domestiques sont encore mal définis. Je co-encadre la thèse de Manon Le Neün (projet CAMELIDOM en collaboration avec Thomas Cucchi, CNRS, URM 7209) dont le but est de documenter ces processus pour la zone centrale andine à partir des restes retrouvés à Telarmarchay (9000–2000 BP ; Pérou) en se basant sur des marqueurs croisés de la domestication dans un cadre chronologique bien établi.

PASTEC (2020) financé par l’ATM Blanche : « Pratiques pastorales en milieu contraint : le désert de Sechura à l’époque Préhispanique ».

CAMHUDES (2018-2020) financé par ECOS-Sud (Argentine, Chili, Uruguay) : « Approche interdisciplinaire pour l’étude de la relation Humain-Camélidés dans les Andes. Regard comparé sur la longue durée ».

CAMELIDOM (2018-2020) financé par le DIM MAP : « Des chasseurs aux éleveurs dans les Andes centrales : analyse du processus de domestication des camélidés au Pérou ».

CAMELANDES (2016-2019) financé par l’ANR : « Les sociétés préhispaniques face à leur environnement : variations spatiales et diachroniques du pastoralisme andin (100-1470 apr. J.-C.) ».

SAISONNALITÉ DE L’HYDROCLIMAT ET DES PÊCHES

J’utilise les analyses isotopiques à haute-résolution spatiale dans les otolithes de téléostéens pour reconstruire la chronologie de l’histoire environnementale et biologique individuelle aux échelles saisonnière à pluriannuelle. Ces analyses permettent de documenter la réaction des habitats aquatiques aux variations climatiques de grande ampleur de la fin du Pléistocène et de l’Holocène. Je les ai appliquées à l’étude de l’hydroclimat marin et continental dans le nord de l’Afrique. J’ai aussi montré que les analyses isotopiques séquentielles d’otolithes de tilapia (Oreochromis niloticus), combinées aux analyses sclérochronologiques, permettait d’accéder à la période de pêche des poissons.

BIG DRY (2015–2019) financé par l’ANR : « Rupture et continuité dans le peuplement de l’Afrique à la fin du Pléistocène : paléoanthropologie, paléoenvironnement et archéologies comparées du Rift et du Nil dans leur cadre continental ».


Le séminaire aura lieu sous format hybride. Si vous souhaitez y assister, vous pouvez demander le lien de connexion aux organisateurs : Luca Polacchi (luca.polacchi@synchrotron-soleil.fr) et Laurent Tranchant (laurent.tranchant@synchrotron-soleil.fr).


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