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Séminaire recherche du 25 mars 2022 à 15h

Thématique : Notre-Dame

par Laurent Tranchant - publié le , mis à jour le

25 mars 2022 – 15h00-16h30
Anna Stulcova - Doctorante au AASP, Muséum National d’Histoire Naturelle

Archéozoologie - Archéobotanique. Sociétés, Pratiques et Environnements,
8 rue Buffon, 75005, Paris

Titre : Geographical provenance of the Notre-Dame de Paris timber : Tracing with elemental and isotopic (strontium and neodymium) composition markers

Résumé : Wood chemical composition is expected to reflect the availability of nutrients in the soil in which trees grow. Combined with isotopic tracers like 87Sr/86Sr and 143Nd/144Nd ratios, elemental markers potentially constitute powerful tools to assess wood provenance. The purpose of my thesis is to determine the origin of wood used to build one of the greatest masterpieces of European gothic architecture, the wooden frame of the Notre-Dame de Paris cathedral. I have at my disposal burnt timber remains that were safeguarded after the disastrous fire of the cathedral, on 15 April 2019, and I am building up a chemical signature database based on contemporary oak wood.


Sophie Ayrault - Chercheuse au LSCE-IPSL (CEA/CNRS/UVSQ), Université Paris Saclay
Responsable du Thème Cycle biogéochimiques et Traceurs dans l’Environnement, LSCE

Laboratoire des Science du Climat et de l’Environnement, Orme des
Merisiers, Bat 714, 91190 Saint-Aubin

Titre : Tracer le plomb des poussières émises par l’incendie de Notre-Dame de
Paris par sa signature isotopique et élémentaire

Résumé : En avril 2019, l’incendie de la cathédrale Notre-Dame a répandu sur Paris une quantité inconnue de poussière contenant du plomb provenant du toit et de la flèche. Pour différencier l’impact de l’incendie des sources historiques de celles, multiples, de contamination au plomb dans la ville de Paris, il était nécessaire de définir de manière univoque la signature géochimique de la poussière émise par l’incendie. En effet, aucune donnée décrivant l’empreinte géochimique du plomb du toit n’était disponible au moment de l’incendie. Pour caractériser cette empreinte, un protocole géochimique (isotopique et élémentaire) a été appliqué aux échantillons de poussières riches en plomb collectés en différents endroits à l’intérieur de Notre-Dame. Ainsi, la signature isotopique radiogénique du plomb (Pb) (rapports isotopiques 206Pb/207Pb et 208Pb/206Pb) et les concentrations d’une trentaine d’éléments chimiques (plomb, cuivre, antimoine, bismuth, étain…) ont été déterminés par spectrométrie de masse. Une stratégie développée spécifiquement pour cette étude a été employée pour éliminer toute source de contamination métallique potentielle due aux substrats d’échantillonnage ou aux poussières précédemment déposées. Il en a résulté que seuls les échantillons collectés sur des supports en bois, et au niveau supérieur dans Notre-Dame pouvaient être utilisés pour une détermination fiable de la signature chimique de l’incendie. Ainsi, la signature des poussières se situe entre la signature de minerais espagnols utilisés en France durant le XIXe siècle (i.e., à la période de la construction du Paris Haussmannien) [1], des monuments historiques contemporains à la construction de Notre-Dame, et des sédiments actuels de la Seine [2]. De plus, cette étude met en évidence des rapports élémentaires (ex. Sn/Cu) permettant une caractérisation plus spécifique de la signature. Cette empreinte géochimique facilitera l’évaluation future de la contribution de l’incendie à la pollution au plomb dans Paris et de l’étendue réelle de la zone affectée par le panache de poussière contenant du plomb.

Références :
[1] Lestel, L., Non-ferrous metals (Pb, Cu, Zn) needs and city development : the Paris example
(1815–2009). Regional Environmental Change, 2012. 12(2) : p. 311-323.
[2] Ayrault, S., et al., Lead contamination of the Seine River, France : Geochemical implications
of a historical perspective. Chemosphere, 2012. 87(8) : p. 902-910.


Le séminaire aura lieu sous format hybride. Si vous souhaitez y assister, vous pouvez demander le lien de connexion aux organisateurs : Luca Polacchi (luca.polacchi@synchrotron-soleil.fr) et Laurent Tranchant (laurent.tranchant@synchrotron-soleil.fr).


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